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pleurs
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Sep 28, 2015

Je me questionne fréquemment sur la place accordée dans notre société à la sensibilité et en particulier dans son expression la plus forte : les larmes. Ce trait de caractère est encore aujourd’hui perçu comme un défaut, une lacune, un manque de maîtrise de soi parfois ou encore un handicap.

J’ai été confronté et suis confronté en tant qu’homme et coach à la question quotidienne de la sensibilité. Dans mon rôle de directeur d’entreprise et de manager, j’échange régulièrement avec les jeunes qui composent mon équipe qui se sentent souvent en difficulté face à leurs émotions. J’y suis forcément attaché dans mon rôle de père et de mari.

La sensibilité est-elle un handicap ?

 

J’ai souvent été frappé par le fait que la sensibilité était perçue comme un handicap. A l’école pour les enfants, où la maîtresse parlant de votre enfant dira « il est un peu trop sensible », mais aussi par les femmes qui m’entourent qui lorsqu’elles pleurent, vont se cacher dans une autre pièce ou derrière un grand mouchoir. Je ne parle pas de ces jeunes hommes complètement cadenacés dans leurs douleurs qui ne s’autorisent pas l’accès à leur être sensible. Je repense à l’un de mes stagiaires qui venait de perdre da maman, et qui s’interdisait de pleurer par respect pour la douleur de son père (son oeil d’ailleurs, clignait tout seul de nervosité et de lutte…).

 

Les larmes ne sont que l’expression d’une émotion et la tristesse accompagne bon nombre de deuils, de difficultés, de souffrances, d’apprentissages délicats… Après ces larmes et même pendant ces larmes, viennent des moments de bonheur, de tendresse, de douceur et de reconnection avec soi-même. En pleurant, nous libérons l’esprit et le corps de tensions et de souffrances. Les larmes ont une signification symbolique, le fait d’exprimer physiquement un trop plein d’émotion qui nous bouleverse. Le corps ne fait qu’exprimer ce que l’être ressent, vit, vibre.

 

Car les larmes peuvent être aussi la résultante de grande joies, de bonheurs intenses, ou d’une sensation puissante d’être transpercé au cœur par un fait qui touche le plus profond de notre être : un film, une chanson, un spectacle, un tableau…. Vivez-les, pleinement, sans craindre le regard des autres. Les pierres sont bien plus tristes que les cascades !

S’attacher à l’origine de ses émotions

 

La normalité est l’expression de ses émotions. En les exprimant librement, elles se posent et nous en comprenons la signification, nous nous attachons à l’origine de l’émotion et non plus à l’émotion même.

 

Une des femmes de mon équipe se trouvait en difficulté lorsque je lui parlais de ses axes d’amélioration. Dès qu’on abordait ses carences (qui étaient tout à fait logiques puisqu’elle était en phase d’apprentissage), les larmes venaient et elle fuyait. Elle revenait le lendemain encore plus décidée à lutter contre ses émotions, à les enfouir. Mais rien n’y faisait. Chez elle, le fait de pleurer devenait anxiogène, elle craignait le regard des autres, d’être considéré comme une “gamine”.

 

Nous avons travaillé et longtemps échangé sur ce fait et grâce à une méthode créée sur le fait, nous avons réussi à décortiquer ses mécanismes intérieurs. Il était important pour elle d’accepter cette soupape qui lui permettait de vider régulièrement la difficulté et le stress lié à l’apprentissage d’un nouveau poste et d’une nouvelle vie. Dans mon entreprise, rire et pleurer sont conseillés, ou du moins, d’en avoir la liberté. Le fait de pleurer devant son manager est un signe de confiance extrême (sauf s’il en est la cause), et le rôle du manager, est d’accueillir avec bienveillance l’émotion pour identifier les origines et accompagner l’être à grandir et à mieux vivre l’expérience lorsqu’elle se représentera.

Cette jeune femme luttait contre l’effet, et non contre la cause : la difficulté de ne pas maîtriser son métier, de ne pas accepter d’être sur un terrain glissant, mais aussi contre le réveil dans cette douleur de la transition de fille étudiante sans grandes responsabilités à cette femme professionnelle avec des responsabilités de plus en plus grande. La petite fille luttait et freinait sa progression. Nous avons ensuite mis en place des exercices de visualisation afin qu’elle déploie ses ailes (exercices en cours).

En s’attachant à l’émotion, nous oublions le sens de ces dernières. Plus la sensibilité est forte, plus notre cœur exprime les directions à prendre et les axes à comprendre. Si vous pleurez beaucoup, vous n’êtes pas malade, vous êtes sensible. Vous avez donc des indicateurs permanents qui vous sont envoyés.

Lorsque pleurer devient extrême et pathologique

Je me souviens également d’une jeune fille lorsque j’étais adolescent qui pleurait dès qu’on lui adressait la parole. Je me souviens de la méchanceté primaire des enfants autour d’elle et je ne vous parle pas des adultes et professeurs. Nous sommes ici dans un cas d’hyper-sensibilité et le mécanisme de protection est en alerte permanente signe d’une souffrance intérieure excessive. Cette jeune Ludivine (elle m’a marqué), devrait dans une société évoluée, être conseillée et accompagnée avec Amour dans la bonne direction. Nombre de techniques entrent aujourd’hui progressivement dans nos sociétés et notre quotidien.
La visualisation est un outil très puissant qui permet d’apporter au subconscient des corrections permanentes. Le yoga, la sophrologie, la méditation, la thérapie quantique, le reiki… Si seulement nous acceptions d’aborder ces outils dans les écoles. Nombre d’enfants seraient sauvés de situations délicates.

Si vous êtes dans ce cas, ouvrez-vous aux méthodes de développement personnel : il existe bon nombre de solutions !

Les parents : accompagnez à assumer la vibration

 

Lorsque nous sommes parents, nous pouvons avoir une tendance à demander à nos enfants d’arrêter de pleurer. L’enfant est une vibration pure, qui réagit avec profondeur à son environnement. Il faut l’accompagner dans ses larmes, les accueillir et lui laisser la place à l’expression.

Alors oui, parfois, il exprime sa colère et dans ce cas, ne le coupez pas de ses émotions mais demandez lui de « pleurer » dans sa chambre, au calme, et de redescendre lorsqu’il sera plus disposé à discuter de la raison du conflit par exemple. Mais si ces pleurs sont liés à un événement important à ses yeux, ne le coupez pas de sa sensibilité sous prétexte que la votre n’est pas touchée. Et voir Papa ou Maman pleurer avec lui peut lui faire du bien. Les enfants ne font que reproduire les mécanismes de leurs parents, mais ils se sentent aussi rassurés lorsque ces derniers ont des réactions communes aux leurs.

 

Mais il est aussi nécessaire de l’accompagner dans sa joie, sa résonance à la vie, lui laissant le temps de pleurer de rire face aux petites choses de la vie.

 

Finalement, n’est-ce pas lui qui vous montre la voie à suivre ?

Un grand homme sait décider, un bel homme sait pleurer

 

 

Je suis allé cet été au domaine de Chamboux en Corrèze où j’ai découvert deux être très sympas. L’un d’eux m’expliquait les difficultés de son enfance face à sa forte sensibilité et à la découverte progressive de son homosexualité. Parlant de mon fils, qui est aussi un être très sensible, il m’a dit une phrase très belle : « Il vivra tout plus fort, les moments de tristesse mais aussi ses moments de joie ». Je ne lui souhaite que cela. De vivre la vie à pleine émotions, dénué de la culpabilité de rire ou de pleurer dans le respect de l’autre, rempli de la vibration la plus intense.

 

Alors oui, “j’aime vous voir pleurer” lorsque vous exprimez votre sensibilité profonde, assumée, sincère, respectueuse. Lorsque votre cœur est libre, qu’il se soulage, ou que votre corps se remplit d’endorphines, ponctuées de rires scintillants.

 

Merci de votre présence et de votre lecture.

 

A lire aussi – L’article Expliquer la mort aux enfants

 

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Post written byFabien - Au pied d'un arbre

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This post has 3 comments

  • Merci Fabien pour ce bel article…qui m’a émue.

    Pour moi, les larmes étaient le baromètre de mon moral. Si ce n’était plus fréquent, c’est que ma vie allait bien. C’est vrai et faux en même temps. Retenir et cacher ses émotions n’est pas le signe d’une bonne santé “mentale”. Je m’autorise à pleurer comme phénomène libérateur, comme tu le dis si bien. Maintenant, je n’ai plus honte d’avoir les yeux rouges devant les autres.
    Je vois rarement des hommes pleurer…si ce n’est dans les enterrements ou les célébrations d’être disparus. Voir un homme pleurer, je prends cela comme une preuve d’ouverture à ce qu’il ressent, mais aussi à l’autre. Une façon d’enlever sa carapace.

    Amandine
    http://la-vie-de-mes-reves.com

    • AUTHOR COMMENT
      Fabien - Au pied d'un arbre
      says:

      “Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir torts qu’ils ont raison”.
      Merci pour ton retour Amandine, surtout non, ne pas avoir honte d’être sensible, les êtres doivent plus se questionner en sens inverse ;o)
      C

    • AUTHOR COMMENT
      Fabien - Au pied d'un arbre
      says:

      “Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir torts qu’ils ont raison”.
      Merci pour ton retour Amandine, surtout non, ne pas avoir honte d’être sensible, les êtres doivent plus se questionner en sens inverse ;o)

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