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Votre magazine moderne sur le développement personnel & la spiritualité

Beach at midnight with a full moon shining on the sky
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Mar 12, 2016

Une fin d’anniversaire avec des amis, un soir d’été. L’ambiance était en train de retomber mais la fatigue ne semblait pas au rendez-vous et tout laissait place à une atmosphère un peu déliée, sans réel cadre… La soirée avait été arrosée, et j’avais encore envie de prolonger la nuit, je ne pensais pas que ça pouvait encore m’arriver, à moi, père dévoué et mari fidèle.

Lorsque je l’ai vue, je l’ai trouvé vraiment très belle. Son regard a croisé le miens, coupant par la même occasion ma relation au temps. Elle avait une robe blanche, ses cheveux perlaient devant ses yeux, d’un vert grisé, et des boucles d’oreilles semblaient se balancer tels des appels à la danse. Elle paraissait libre… Sans soucis… Heureuse et accessible.

 

Feignant de ne pas la regarder, je m’approchais un peu plus près d’elle, me déliant de mon histoire. J’avais bien vu que du coin de l’œil, elle m’avait aperçu et avait cherché à feindre l’indifférence. Elle savait exprimer cette note de sensualité pure, juste douce, jamais vulgaire, un poil maîtrisé mais aussi un peu « jouée ».

 

Toutes mes résistances intérieures ont sauté. Toutes. Car il y a des personnes qui s’attirent, comme ça, comme des aimants. Ca ne s’explique pas. Mille personnes de plus autour de nous n’auraient pas empêché cette attraction.

 

Le temps qu’un ami, un peu éméché, vienne m’inviter à aller boire un autre verre, que je refusais, je m’approchais encore un peu plus d’elle prenant soin de remettre ma chemise en place et de me recoiffer rapidement.

 

Je n’avais plus ressenti ce mélange palpitant de désir et d’angoisse depuis bien longtemps. Et j’avoue que ce petit jeu de la séduction m’avait ramené à mes souvenirs d’adolescents, ceux où l’on est prêt à demander à quelqu’un de jouer le « facteur » pour dire à l’autre tout ce que notre cœur ressent, tellement ces sentiments sont intenses et mal maîtrisés.

 

Elle riait avec un homme et je sentais déjà une pointe de jalousie à imaginer qu’un autre pourrait la séduire et que je resterais en plan. Un instant, je me demandais si tout cela était bien raisonnable, si ce jeu ne m’amènerait pas à un point de non-retour. Mais l’excitation me poussait à aller jusqu’au bout de la partie…

 

La providence fit que cet homme prit la sage décision de laisser la place libre, et elle se leva, marchant le long de la piscine, effleurant au passage l’eau de son pied nu pour la faire scintiller avec un peu plus de volupté.

L’occasion m’était donnée. Le cœur palpitant et rempli d’excitation, je me lançais vers elle et entamait la discussion.

 

« Bonsoir Mademoiselle »

 

Elle sourit, un peu complice, mais choisit de ne pas me regarder.

« Madame »

 

Je souris à mon tour.
« Pardon, bonsoir Madame »

 

Je pris mon courage à deux mains.

« Ecoutez, depuis le début de la soirée, je vous regarde et je vous trouve…. »

 

Elle me coupa.

« Excitante ? »

 

L’attaque me fit vaciller, mais je me ressaisis immédiatement.

« Je dirais séduisante »

 

Elle plongea son regard dans le miens et me sourit. Je me sentais, hypnotisé. Mais je continuais l’approche.

« Voulez vous m’accorder une petite ballade seule à seul ?».

 

Elle me sourit à nouveau.

« Vous comporterez vous en garçon sage et raisonnable ? ».

 

Je lui souris à mon tour.

« Il y a toutes les raisons pour que je ne le sois pas, mais je tacherais de me tenir ».

 

Elle rit d’un rire, doux. Cristallin. J’étais totalement séduit.

 

Nous avons pris la direction de la plage, marchant sur le sable, nos pieds nus , bercés par la douce chaleur de ce soir d’été. Une légère brise faisait flotter ma chemise et onduler sa robe de lumière. Sur le chemin, sa main saisit la mienne.

Je fus surpris de cette approche si rapide.

Arrivés devant la mer, la lune éclairait la plage tel un lampadaire céleste, nous nous sommes arrêtés… Bloqués devant ce paysage sublime.

 

Je la saisis dans mes bras, n’en pouvant plus de résister à l’envie. Mon cœur s’ouvrit brutalement et mon corps vibra de la tête aux pieds.

Aucune résistance de sa part, il était temps de me lancer. Je plongeais mes yeux dans les siens avant de l’embrasser, le ventre rempli de désir. Nos corps se posèrent et se mélangèrent, désinhibés et enflammés, tourbillonnant et enivrant nos sens.

 

Comme des êtres justes réanimés, allongés et avides de laisser échapper nos énergies de pulsions, son regard finit par se plonger dans le mien et nos âmes à l’unisson saisirent l’occasion de virevolter dans les sphères les plus hautes, emportant au passage nos cœurs et nos corps… alors que nos fronts se serraient pour résister à la puissance du moment.

 

Le temps s’est reposé, épuisés et heureux, nous nous sommes adoucis par de tendres caresses sur nos corps effacés…

Elle engagea à nouveau la conversation.

« Ne devais tu pas être un garçon sage ?».

« Je ne pouvais pas te résister »

« Cela fait 20 ans que tu ne peux pas me résister »

« Oui mais ce soir, tu étais merveilleuse, un peu plus encore que tous les autres soirs…. »

« Alors, nous sommes pas mal en amants ?

« Si ne te viens pas l’envie de jouer à ce jeu avec un autre homme ! »

 

Elle me sourit encore, repositionnant une mèche sur son front.

« Qui sait ? »

 

Je souris à mon tour, faussement piqué. Et regardant l’horizon, bercé de ces vagues sombres, je m’engageais à libérer les mots de mon coeur. Avec calme…

 

«  Dieu m’a donné la chance de t’avoir à mes côtés. Je perdrais l’essence même de ma Vie, la gardienne de mon bonheur, le feu de ma liberté. Il me faudrait cent fois ces 20 années pour découvrir toutes tes richesses.

Cette puissance de vie grâce à laquelle tu m’as laissé le temps de construire, patiemment, mon édifice d’homme, celui qui pourra t’aider à te libérer de tes chaînes.

Je ne pourrais oublier ces moments de vie si intenses qu’ils vous déchirent le conscient, vous arrachant aux désirs d’autre chose, parce qu’il n’y a qu’avec toi que je les ai vécu, et qu’avec toi que je veux les vivre.

Et aussi parce que nos enfants portent le mélange de nos sangs, qu’il ouvrent la voie d’un Monde meilleur, rempli de tout ce en quoi nous croyons, tout ce que nous n’aurons pas eu la chance de construire…. Par manque de temps, car nous sommes mortels… ».

 

Ses mains prirent les miennes, ses yeux, comme depuis nos premiers moments, scintillaient de larmes et mon cœur se mit à parler un peu plus…

 

« Alors imaginer que l’un de nous puisse craquer si simplement et signer le testament de tout cet Amour, donner la nourriture à nos peurs de séparation… Nous ne le méritons pas et tu sais bien qu’au fond, nous n’en avons pas envie. Nous nous aimons jusqu’à être libre, mais nous savons bien que la liberté a un prix à payer et que notre salaire est celui de la sagesse joyeuse. Nous n’avons que trop le loisir de tout gâcher lorsque le chemin que nous avons choisi est celui de progresser, en cœurs et en âmes, pour nous élever ensemble.

Nous avons le droit de faire vivre le fantasme, ne pas toujours chercher à détruire le désir de l’inconnu, mais le devoir de canaliser ces énergies vers notre Amour pour le rendre plus fort, plus joueur, plus intense, rempli de nos regards si denses.

Il ne faut pas s’appartenir mais tenir à part. Dans ce monde où les couples qui souffrent se séparent sans s’emparer des souffrances, sans chercher à les éteindre pour se rallumer un peu plus.»

 

Elle me prit la main et ses yeux transpercèrent les miens., remplis d’inquiétude.

 

« Et si la mort nous sépare ? »

« Tu toucheras l’assurance vie… »

 

Elle se mit à rire, me rappelant à la force de notre couple, l’Art de rire ensemble.

 

« Il en serait ainsi. Et tu sais comme moi qu’en cent vies nous en avons vécu d’autres ensemble. Et que nous sommes un peu lié à l’éternité… »

 

Elle me sourit et se blottit dans mes bras, comme elle le faisait depuis 20 ans. Et je me rappelais de ces moments parfois difficiles, parfois magiques que nous avons vécus. Cette vérité si passionnante qu’est notre histoire, pourtant si communément magique.

 

Le « je t’aime » partagé à ce moment de la soirée eut une saveur différente. Rempli d’un rêve antique aux arômes subtils, mélange de simplicité et d’authenticité. Rempli de toute notre vie, toute entière, avec l’avant, le pendant et l’après….

 

Quelques silences donnèrent la suspension finale à notre échange et nous sommes retournés à la fête. J’avais ce sentiment puissant d’avoir à mes bras une nouvelle conquête.

Cette conquête était ma « Femme », un être extraordinaire, un ange de Lumière.

 

Nous sommes passés par les escaliers de la maison de nos amis, tous endormis, sommes entrés dans notre chambre et avons profité un instant du moment qui nous était donné d’embrasser nos enfants endormis, fiers que nous sommes de les voir si beaux et apaisés.

Peut-être un peu conscients de la chance qui leur est donnée d’avoir des parents qui s’aiment à les aimer.

Puis comme de nombreuses nuits depuis ces années, nous nous sommes endormis, l’un contre l’autre, réchauffant nos coeurs malgré la moiteurs de nos corps…

 

 

                                   A celle qui sait rester sage et qui rend évident le fait de le rester

 

Post written byFabien - Au pied d'un arbre

This post has 3 comments

  • Valérie Reveillon
    says:

    Bravo , belle écriture , et belle d éclaration si j ai bien compris !!!!!
    Didier a trouvé le nouveau Marc Lévy !!!! Et oui il a DES connaissances littéraires mais en ce moments il fait la bibliothèque de Manon ados Bisous aux amants

  • Valérie Reveillon
    says:

    Qu elle belle plume !!!!! Très bien écrit , une belle déclaration d amour si j ai bien compris
    Didier trouve qu on a trouvé le nouveau Marc Lévy !!! Et oui Didier à des lectures très diversifier
    En tout cas très belle écriture nous avons vraiment apprécier de lire ce texte.
    Bisous aux amants
    Valérie R

  • AUTHOR COMMENT
    Fabien - Au pied d'un arbre
    says:

    Merci Valérie et Didier, je vous embrasse ;o)

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